« Si la prison a vocation à punir, elle doit aussi travailler à réinsérer »

Dans une interview exclusive, le garde des Sceaux Éric Dupont-Moretti défend une détention tournée vers l’insertion s’appuyant sur la formation et le travail, une « logique » incarnée par la prison de Lutterbach en Alsace.

Étudier en prison aide à sortir des circuits de délinquance.

Différents modes de réinsertion existent en effet en France depuis la loi pénitentiaire de 2009 (Loi n ° 2009-1436, ministère de la Justice) qui, en vue d’assurer la réinsertion des détenus, fixe un nouveau principe pour les pratiques d’éducation et de formation des détenus et les soumet à une obligation d’activité.
Parmi eux l’école et l’enseignement universitaire, à distinguer de la formation professionnelle.
Patrizia Pacini Volpe, chercheuse à l’Université Côte d’Azur et au laboratoire Mesopolhis, enseignante à l’Université italienne de Florence, remarque qu’en l’Italie, l’expérience des études universitaires en prison est répandue et implique à ce jour 31 universités, environ 1000 détenus-étudiants inscrits et 70 pénitenciers. En France seule l’université Paris Diderot propose des cours au sein de la prison de la Santé et de Fresnes. Forte de ses effets bénéfiques sur les personnes en détention, leurs familles, les relations avec les surveillants, elle propose de lancer une initiative expérimentale afin de sensibiliser les universités françaises et la direction de l’Administration pénitentiaire (DAP) pour essayer de créer un circuit éducatif semblable au circuit italien. Lire ses observations ici

Le travail en prison

Le travail en prison a plusieurs vertus pour les détenus et pour les entreprises.