Vrai chemin de vie

Seigneur et Père du Verbe incarné,
Ton fils, lorsqu’il enseigne à prier,
Dit : « Comme les païens il ne faut pas rabâcher »
Mais «Notre Père ›› il faut t’appeler
Seulement, mon père ne m’a jamais parlé,
Et force est aujourd’hui de le constater
Que comme père il ne s’est jamais comporté.

Toi, mon Papa, tu ne t’es pas emporté,
Mais par ton Esprit tu m’as révélé
Que Jésus ton fils venait m’aimer.
Seulement, lorsqu’on m’a violé,
L’image de l’ami fût à jamais brisée,
La robe de mon baptême en est encore souillée ;
Seigneur Jésus, puisses-tu lui pardonner.

L’Esprit Saint, par vous deux, envoyé,
Dans mon âme est venu travailler.
Mais mon intelligence est troublée,
Car, Sainte et indivisible Trinité,
Je ne peux me résoudre à adorer
Le Dieu que ma vie voit divisé,
Méconnaissant votre tendre unité.

De vous aimer, j’ai gardé la volonté
Et, pour ne pas me laisser abuser,
Par l’idée de vous abandonner.
Par Marie qui vous a enfanté,
Ma prière vous sera présentée,
Par elle je veux vous glorifier,
Embellie des trésors de sa virginité.

Pour ceux que la souffrance fait peiner,
Qui ne peuvent plus rien vous demander,
Je m’unis à Celle qu’à la croix vous nous donnez,
Qui nous dit à Cana de faire votre volonté,
Qui chaque jour est à nos côtés,
Pour qu’elle apaise votre corps crucifié
Par ses mérites et vertus consumés.

Par elle, je veux aussi vous présenter,
Les joies dans les cœurs oubliées,
Les prières dans les bouches fermées,
Les mercis qui ne vous sont pas adressés.
Tout ce que l’on doit à la joie du Ressuscité,
Que Marie ne cesse de Vous louer,
Sainte, consubstantielle et indivisible Trinité.

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