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Prisons, quel avenir ?

La prison est inefficace et contre-productive. Toutes les études le montrent. Pourtant, rien n’est envisagé pour faire évoluer le système pénal en France. Ce livre de la collection Puf-Vie des idées explore les pistes en comparant la situation française avec celles du Canada et des États-Unis.

Jean Bérard et Jean-Marie Delarue, Prisons, quel avenir ?, Puf – La vie des idées, 2016. 109 p., 9 €.

En 1975, en France, 26 000 personnes étaient incarcérées. En mars 2016, on en comptait 67 580 (et près de 10 000 personnes placées sous bracelet électronique). La prison a-t-elle, entre-temps, fait la preuve de son efficacité ? Les témoignages, les enquêtes sociologiques, les rapports officiels et les statistiques sur la récidive montrent plutôt l’inverse. Malgré les réformes et la reconnaissance croissante des droits des prisonniers, la violence, la perte d’intimité, l’ennui et l’absence de sens des temps d’incarcération se perpétuent. Comment comprendre cette situation ? Est-elle la conséquence de l’augmentation de la population enfermée et du recours à des mesures de sécurité renforcées ? S’appuyant sur des travaux récents, ce livre fait le point sur la situation en France et propose des analyses comparées avec le Canada et les États-Unis. Il discute les effets contrastés des réformes menées ces dernières années et formule des propositions et pistes de réflexion pour des transformations du système pénal.

Ce livre est présenté par Jean-Marie Delarue. Conseiller d’État, il a été, de 2008 à 2014, le premier Contrôleur général des lieux de privation de liberté. De 2014 à 2015, il a présidé la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS).

Ce livre est coordonné par Jean Bérard, professeur à l’École de criminologie de l’université de Montréal et chercheur au Centre international de criminologie comparée.

Ont contribué à cet ouvrage Jean Bérard, Yasmine Bouagga, Gaëtan Cliquennois, Jean-Marie Delarue, Nicolas Sallée, Caroline Touraut et Marion Vacheret.

Table des matières

– Jean-Marie Delarue, « L’avenir des prisons françaises ».

Jean Bérard, « Classer, évaluer, enfermer. Une comparaison entre la France et le Canada ». Entretien avec Marion Vacheret (Université de Montréal) et Gaëtan Cliquennois (CNRS).

Caroline Touraut (chargée d’études à la Direction de l’administration pénitentiaire et chercheuse associée à l’ISP Cachan), « La peine sans la prison ». Son enquête sur les services de probation a été primée en 2014 par «  Le Monde » au titre de la recherche universitaire. Elle montre que l’objectif de réinsertion se heurte à un déficit de légitimité, à des logiques managériales et à un désenchantement des professionnels.

Nicolas Sallée (Université de Montréal), « La prison ou la fuite ». Il commente l’enquête réalisée par l’ethnologue Alice Goffman. Celle-ci a partagé comme colocataire durant 6 ans la vie quotidienne de sept jeunes noirs d’un quartier noir de Philadelphie. Cette sociologue ne manquait pas de cran car, comme elle le rappelle, l’inflation carcérale américaine touche particulièrement les jeunes noirs : plus de 11% des 20 à 34 ans sont en prison (5 fois plus que les jeunes hommes) et qu’environ 60% des jeunes noirs qui n’ont pas fini le lycée passent par la prison avant leurs 35 ans.

Yasmine Bouagga (CNRS), « Incarcération totale. L’enfermement solitaire aux États-Unis à l’ère de la prison de masse ». En 2015, les prisons américaines enfermaient plus de deux millions de personnes, près d’un quart de l’ensemble des prisonniers du monde, avec plus de 100 000 personnes mis à l’isolement de haute sécurité. Pire, les malades psychiatriques y sont maintenant mis en prison. On estime qu’en 2014 les prisons américaines comptaient plus de 356 000 personnes atteintes de maladie psychiatrique sévère alors que, au même moment, on ne comptait plus que 35 000 lits dans les hôpitaux psychiatriques publics, contre plus d’un demi-million dans les années 1970. Le détenu isolé est placé dans une cellule dont la taille ne dépasse pas une place de parking ; il a réglementairement droit à une heure de promenade quotidienne, en solitaire, dans une cellule à ciel ouvert (ou avec a minima un orifice laissant passer l’air et la lumière). Ce confinement n’est tempéré par aucune activité sociale (travail, formation) ni par des contacts avec le personnel, qui se contente de passer des plateaux-repas par une fente de la porte de la cellule, par mesure de sécurité. Les visites sont très réglementées, et ont lieu dans des cabines avec des vitres de séparation, dans lesquelles on se parle par téléphone interposé. La durée moyenne de détention à l’isolement dans les prisons de l’État de Washington était de 11 mois en 2011, et de près de 4 ans au Texas
La violence de ce dispositif et ses effets dramatiques, tout particulièrement sur les détenus les plus jeunes ou souffrant de troubles psychiatriques, fait maintenant l’objet d’un débat public.

– Jean Bérard, « Conclusion : Les prisons valent-elles la peine ? ».

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