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La « Petite Maison » accueille des familles de détenus pour le parloir à Tours

Depuis 30 ans, face à la maison d’arrêt actuellement en travaux de rénovation à Tours, se trouve « la Petite Maison ». Une trentaine de bénévoles y accueillent les familles des personnes incarcérées, prévenues en détention préventive ou détenus en courte peine.

Créée à noël 1947 par l’abbé Gaston Pineau avec un groupe de visiteurs de prison, l’association l’Entr’Aide Ouvrière qui a acheté cette bâtisse a fusionné en 2015 avec le « Comité d’aide aux détenus », ces deux associations ayant déjà le même conseil d’administration.

Grâce à un travail en réseau avec le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip), diverses associations telles que la Croix-Rouge, le Secours catholique et le Genepi et une éducatrice spécialisée salariée, on y conseille, écoute et informe les familles sur les démarches administratives auxquelles il faut procéder lors de l’incarcération d’un proche.

Durant les jours de parloir (tous les jours sauf le jeudi et le dimanche), les bénévoles offrent un rafraîchissement, une oreille attentive aux visiteurs, des mots pour dédramatiser et le rappel des règles (parloirs, envoi d’argent, colis…). Ce n’est en effet pas simple d’appréhender une visite en prison. Il y a des mères effondrées, des compagnes démunies, des enfants qui ne comprennent pas…

C’est un lieu de rencontres où les femmes livrent leurs sentiments sans être jugées. Elles viennent rendre visite à un ami, un fils, un compagnon. Chaque semaine, au fil des parloirs, ces femmes posent souvent leurs sacs, leurs doutes, et leur chagrin parfois.

Des liens se tissent entre visiteuses permettant l’organisation de co-voiturage. Certaines animations sont proposées : coiffeuse pour un euro symbolique, lectures gratuites pour enfants par l’association « Livre-passerelle ».

Dans un univers cosy, « La Petite Maison » est ouverte chaque jour de parloir ( tous les jours sauf les jeudis et dimanches) de 12 h 45 à 17 heures au 25, rue Henri-Martin, à Tours.

Témoignages de femmes venues visiter un proche

Marie, jeune mère de famille d’une vingtaine d’années. Elle sort à l’instant d’une pièce de quelques mètres carrés où elle a passé une trentaine de minutes en tête à tête avec son compagnon.

Quelle a été votre première réaction lorsque vous avez su que votre partenaire allait être incarcéré ?   « J’ai tout d’abord ressenti de la haine, puis de la tristesse. J’imaginais mon enfant commencer sa vie sans une présence paternelle. J’ai ensuite retrouvé mes esprits et repris des forces. »

En combien de temps votre demande de visite a-t-elle été acceptée ?   « J’ai envoyé tous les papiers nécessaires pour la demande de parloir assez rapidement et en trois semaines environ elle a été acceptée. Ça a été rapide ! »

Qu’avez-vous ressenti à votre premier parloir ?  « J’étais stressée et pressée de le voir, qui plus est, j’étais enceinte : c’était une accumulation énorme de sentiments.»

Comment prenez-vous vos rendez-vous ?   « On appelle le numéro du standard la veille pour le lendemain, sauf le jeudi où l’on prend rendez-vous pour le samedi. On passe beaucoup de temps à attendre au téléphone ! »
Qu’éprouvez-vous lorsque vous sortez de la prison après cet instant de bonheur ?    Je suis triste bien sûr, c’est toujours un moment éprouvant à passer. Je me dis que les jours s’égrènent et que la sortie est pour bientôt. Je suis impatiente d’enfin pouvoir vivre une vraie vie de famille à la maison. »

Monique (*) vient d’un autre département, chaque mercredi. Deux heures de car et un trajet en tramway plus tard, elle rend visite chaque mercredi à son voisin, placé en détention provisoire depuis plusieurs mois. « Il m’a demandé de venir le voir, il m’a rendu tellement service », explique celle qui profite de sa petite avance pour boire une menthe à l’eau. Et de poursuivre : « Il est content de me voir, c’est important. » Ensemble, ils discutent. « Il se plaint de la chaleur l’été, du froid l’hiver. » Monique se souvient de sa première visite : « Ce qui m’a frappée le plus, ça a été de quitter le parloir, de le laisser. Ça marque. » 

Isabelle (*) vient voir son compagnon trois fois par semaine. Le samedi, son petit garçon l’accompagne. Pas si facile dans un espace, le parloir, si mal approprié. Depuis peu, les agents pénitentiaires n’autorisent plus son fils à entrer avec des jouets. Une difficulté en plus. Isabelle raconte les contrôles qui parfois tournent au ridicule comme lorsque les personnels ont fait ôter son soutien-gorge à une femme au motif qu’il faisait sonner le portique. Et pour cause, la jeune femme allaite et porte un soutien-gorge spécifique, avec des armatures. Une autre s’est vu refuser l’accès au parloir à cause d’une large boucle sur sa tenue. Si la femme d’un autre détenu ne lui avait pas prêté un T-shirt qu’elle apportait à son mari, elle n’aurait pas pu entrer. Des bouts d’histoires et des petites vexations qu’il faut dépasser pour tenir le coup. Alors, La Petite maison constitue « un sas ». Pour Isabelle, c’est avant d’aller au parloir. « Les bénévoles sont super. Ils sont toujours dans l’écoute, ce sont de bonnes oreilles. » De toute façon, l’abri de bus, devant la porte de la maison d’arrêt, n’est plus en état. « Il n’est plus du tout fermé. Quand il y a de la pluie, de la neige… »
A l’intérieur, les conditions de la déjà longue détention provisoire de son compagnon sont loin d’être évidentes. Dans la cellule à deux places, ils sont trois. « La fenêtre de sa cellule est cassée. Elle a été camouflée avec des draps. » Ajoutez à cela une certaine puanteur, une nourriture à la qualité discutable, explique-t-elle encore. La première fois qu’elle a passé la porte de la maison d’arrêt, elle a été marquée par « les cris des détenus. C’était effrayant. » L’odeur au parloir, « au début », la rebutait. Elle s’est habituée.

(*) Les prénoms ont été modifiés.

Un autre exemple de maison d’accueil, celle de l’association « Accueil Magenta » à Dijon

Pour en savoir plus : Informations sur le site du ministère de la Justice
Numéro du standard et des parloirs de la prison de Tours : 02.47.60.12.80

Source : Témoignages recueillis par Vanina Le Gall du journal La Nouvelle République

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